snap+share : au SFMOMA, chacun cherche son (snap)chat.

Nouvelle expo-photos au SFMOMA ! 

snap+share: transmitting photographs from mail art to social networks.  Préparez vos instas, ça va circuler et y'a tout à voir.

 

Nous avons eu la chance d'assister à la présentation de snap+share, guidée par Clément Chéroux, le conservateur en chef pour la photographie au SFMoMA et les artistes Aram Bartholl, Jeff Guess, Kate Hollenbach, David Horvitz, Ken Ohara and Corinne Vionnet.

 

En quelques mots... cette expo s'est amusée à suivre l'évolution de l'image-des images et de leur transmission et partage depuis les années 60 jusqu'aux memes en passant par les photos des premiers portables.

 

Les 2 premières salles abordent plutôt un aspect historique, tandis que les 4 suivantes sont complètement actuelles.

 

Tout commence avec la photo prise par Philippe Kahn, ingénieur français, qui avait partagé la photo de naissance de sa petite fille Sophie. C'était en 1997. Pas facile à l'époque. Le résultat, ultra pixélisé (et malgré tout ultra cute), avait été alors partagé avec... 2000 personnes. Presque un exploit. Depuis tout a été démultiplié, tout s'est accéléré et nous ne cessons de partager, avec une sorte de furieuse frénésie et d'urgence maladive, nos personnes - notre présent - notre lieu.

 

Cette expo a ceci de particulier qu'elle nous touche directement, dans notre quotidien.

 

Les très jeunes seront amusés par les balbutiements des années 90. Les ''un peu plus vieux'' en souriront avec une certaine nostalgie.

 

La suite ? La suite est à la fois drôle, pleine d'humour, parfois dérangeante, voire perturbante. Normal. Nos téléphones, vissés à nos mains, sont devenus des extensions de nos bras, et nous sommes les acteurs et les relais de cette circulation grouillante d'images.

 

Ce qui nous a le plus plu dans ce voyage dans l'image, c'est surtout les questions qu'il nous amène à nous poser, c'est une certaine prise de conscience - en images - de l'énormité du phénomène, c'est la perception de l'ubiquité, de l'omniprésence, c'est cette idée de gain de temps d'une part (tout va tellement plus vite) et perte de temps d'autre part (le nôtre, tant nous en passons - du temps - sur nos photos et à les partager sans fin. 

 

Vous irez bien faire un selfie dans un freezer avec le code #241543903 à l'initiative de l'artiste David Horvitz...

 

Vous irez ajouter une n-ième couche aux photos du monde entier, de ces mêmes monuments, instagrammés à l'infini sous l'exact même angle... à l'instar (c'est le cas de le dire) de notre cher Golden Gate Bridge...  L'artiste Corinne Vionnet nous interpelle magnifiquement sur la notion d'uniquité et d'uniformité.

 

Vous serez tentés d'ajouter vos propres photos papiers à la montagne de Erik Kessel, mais vous vous retiendrez...

 

Vous chercherez le chat de Eva and Franco Mattes qui vous laissera un peu mal à l'aise ou attendri...

 

Vous éteindrez sans doute votre téléphone devant l'installation digitale de Kate Hollenbach... Big brother is watching you et votre téléphone lui fait office d'yeux.

 

En sortant ou en arrivant, vous vous demanderez si vous êtes là, ici ou ailleurs avec l'installation de l'artiste Aram Bartholl. 

 

Sur ce... on ne va pas partager trop d'images avec vous... pour vous laisser un peu le plaisir de la surprise et de la découverte.

 

Map - On the rooftop of the SFMoMA - by Aram Bartholl

 

 

snap+share: transmitting photographs from mail art to social networks

@ the SFMOMA

March 30–August 4, 2019

Plus d'infos sur le site du Musée