RENCONTRE AVEC CEDRIC KLAPISCH ET ROMAIN DURIS

in

À l'occasion du San Francisco International Film Festival, Cédric Klapisch et Romain Duris étaient de passage à San Francisco pour présenter Casse-tête chinois, le petit dernier de la trilogie.

 

 

 

 

Dans Casse-tête chinois, nous retrouvons Xavier quinze ans après L’Auberge Espagnole et dix ans après Les Poupées russes. À ses côtés, les 3 femmes de sa vie: Wendy, Isabelle et Martine.

 

 

 

La vie de Xavier rime avec les complications. Wendy le quitte et part à New York avec leurs 2 enfants. Il va les suivre, atterrir à China Town dans une sorte de mic mac joyeux, rebondissant et résolument optimiste. Xavier va tenter de touver sa place de fils, de père, d'amoureux, d'écrivain, d'ami. Cédric Klapisch aborde le divorce, les familles recomposées, l'homoparentalité, le déracinement, le travail clandestin, la mondialisation... avec simplicité et spontaneité. En définitive, la vie est compliquée, mais c'est ce qui la fait avancer!

 

Le film est jubilatoire, le plaisir des acteurs évidents et contagieux, les images magnifiques (il faut avouer que le cadre new yorkais est assez aidant). On sort réjouits et contents, perplexes quand on réalise que Les Poupées russes ont déjà 10 ans et en réalité, impatients de voir la suite!

 

 

 

Notre interview...

 

C'est avec grand plaisir que nous avons rencontré Cédric Klapisch et Romain Duris, très complices et très heureux de présenter le film à l'occasion du Festival.

 

Il y a 2 passages que nous avons particulièrement aimés dans le film: le premier face à face de Xavier avec le nouveau compagnon de Wendy d'une part, et l'intervention des philosophes d'autre part.

 

Tous les français ayant vécu aux États Unis se retrouveront dans le petit moment de solitude de Xavier lors de cette première entrevue. Quant aux philosophes, Hegel est convaincant, Schoppenhauer est déroutant avec sa théorie de la broderie (on vous laisse découvrir). 

 

On a demandé à Cédric et Romain si ils avaient pensé à d'autres philosophes et si oui lesquels.

 

Cédric nous explique qu'effectivement, Nietzsche a été préconisé. Ils ont même tourné la scène. Il intervenait au moment de la naissance du fils d'Isabelle. Mais elle n'a pas été conservée, même pas en bonus. Les 2 autres étaient plus efficaces, plus convaincantes, plus drôles.

 

Nous avons eu le sentiment d'un lien avec Wody Allen. Cédric nous le confirme: entre référence, inspiration, clin d'oeil, il y a bien sûr du Woody Allen dans les femmes qui sortent du PlayBoy, dans les interventions philosophiques sur le sens de la vie, petites leçons à la fois essentielles et inattendues.

 

 

Nous avons pu lire que l'ambition de Cédric Klapisch était une trilogie dont Casse-tête chinois serait le point final. Pourtant, quand on a vu le film, on a l'impression que cela ne peut pas s'arrêter. Peut-être parce que notre attachement aux personnages est tel qu'on souhaite les suivre encore, les accompagner plus loin. Alors? Que diriez-vous d'un 4ème épisode?

 

Cédric Klapisch nous explique que naturellement, ce serait périlleux d'en faire un 4ème avec le risque de lasser, de se répéter, de perdre le rythme.

Pourtant, certaines idées sont bien tentantes comme celle de voir le fils de Romain Duris partir en Erasmus pour ses 20 ans. Mais cela, c'est dans 15 ans. Et de toute façon, un nouvel épisode ne sera envisageable qu'avec beaucoup de nouveautés et de surprises. Romain Duris propose de considérer une nouvelle planète, Xavier ayant déjà bien sillonné sur terre!

 

 

Pour finir (et oui, notre rencontre fut brève), nous leur avons demandé dans quelle mesure Casse-tête chinois pouvait toucher le public américain. La comédie est très française et l'on s'y retrouve aisément. Qu'en sera-t-il pour les spectateurs américains?

 

Romain nous parle des projections qui ont déjà eu lieu pour présenter le film, notamment à New York. Lui comme Cédric ont été étonnés (et agréablement surpris somme toute) par le peu de français présents et par les rires, les éclats de rire d'un public apparemment ultra content.

Cela s'explique notamment par les thèmes abordés qui ne le sont pas forcément dans le cinéma américain, en tous les cas pas de façon aussi franche, simple et directe.

Le public américain semble aussi super réceptif aux différences de comportement: comme si les différences culturelles plaisaient et faisaient sourire.

Surtout Romain insiste sur la spontanéité, l'honnêteté et la sincérité qui caractérise le film et ses personnages. Il n'y a pas d'outrance pour servir la comédie. C'est la réalité et ça surprend.

 

 

 

Nous souhaitons naturellement beaucoup de succès à Casse tête chinois qui sortira le 23 mai prochain à San Francisco et dans la Baie.

 

Et nous nous souhaitons égoistement un épisode 4, ici à SF, à Berlin, sur Mars ou ailleurs, peu importe, pour retrouver Xavier, son sourire vaille que vaille et les femmes de sa vie.

 

 

Casse-tête chinois

Sortie le 23 mai 2014.