OH LES BEAUX JOURS

Ou encore Happy Days... Ce sera au TLF le 15 novembre 2014 pour une représentation extraordinaire avant Paris. On vous en dit plus...

 

Parce que vous vous en doutez, on ne vous propose pas une soirée nostalgie avec Fonzie et Richie Cunningham... 

 

Samuel Beckett est à la fois une super star, et pourtant, à part Godot... seriez-vous capable de développer? Alors, on vous fait un petit debrief qui, non seulement, vous éclairera un peu (nous ça nous a éclairées:)) et devrait vous donner envie d'aller voir de plus près par vous même!

 

D'abord petit rappel sur qui est Beckett... Samuel Beckett (1906-1989) est un écrivain, poète et dramaturge irlandais d'expression française et anglaise, prix Nobel de littérature en 1969. S'il est l'auteur de romans, tels que Molloy, Malone meurt et l'Innommable et de textes brefs en prose, son nom reste surtout associé au théâtre de l'absurde, dont sa pièce En attendant Godot (1952) est l'une des plus célèbres illustrations. Son œuvre est austère et minimaliste, ce qui est généralement interprété comme l'expression d'un profond pessimisme face à la condition humaine. 

Ça, c'est l'introduction Wikipedia sur Beckett. C'est bref, mais ça remet une ou deux idées en place.

 

Quant à Oh les beaux jours...

Oh les beaux jours (titre emprunté à Verlaine lors de  la traduction de la pièce en français) est, à l'origine, écrite en anglais et créée à NY en 1961. Beckett en fait lui-même une version française 2 ans plus tard. Les premières représentations ont lieu en octobre 1963 au Théâtre de l'Odéeon dans une mise en scène de Roger Blin, avec Madeleine Renaud dans le personnage de Winnie, rôle qui deviendra l'un des plus marquants de sa carrière.

 

Le Stanford Repertory Theater est une compagnie de théâtre professionnelle avec Rush Rehm comme directeur artistique, lui même professeur à l'université ... du même nom. La Compagnie est célèbre pour ses festivals d'été. Le dernier a mis à l'honneur Orson Welles.

 

Le SRT et Happy Days... 2 représentations exceptionnelles sont prévues pour cette production qui met en scène Courtney walsh dans le rôle de Winnie.

La première aura lieu à San Francisco au Théâtre du Lycée Français le samedi 15 novembre 2014. On vous y convie.

La seconde aura lieu à Paris au Théâtre de l'École Normale Sup (ou Beckett a enseigné) les 10, 11 et 12 décembre prochains. On invite nos lecteurs parisiens à y aller!

 

En conclusion: grand moment de théâtre au TLF le 15 novembre avec une pièce atypique, et qui se distingue par un personnage principal qui passe de l'anglais au français.

 

 

 

HAPPY DAYS - OH LES BEAUX JOURS

Théâtre du Lycée Français de San Francisco

Samedi 15 novembre 2014

Pour acheter vos billets

 

 

 

 

Pour vous imprégner de l'oeuvre, voici queqlues commentaires de Rush Rehm, le metteur en scène de la pièce.

 

Brenda Bruce, qui joua Winnie en 62 au Royal Court, rappelle le commentaire que faisait Beckett sur sa pièce:

J’ai pensé que la chose la plus terrifiante qui pourrait arriver à quelqu’un, ce serait de ne pas pouvoir dormir… De s’enfoncer vivant dans la terre… Avec le soleil qui brille constamment nuit et jour, et pas un arbre… Pas la moindre ombre, rien, sauf cette sonnerie qui te réveille sans arrêt, et tout ce que tu as, c’est un petit paquet d’objets pour t’aider à tenir. Et j’ai pensé qui serait capable de tenir le coup comme ça, et de s’enfoncer en chantant, à part une femme?

A partir de cette vision initiale, Beckett a rendu compte, de façon très drôle, souvent touchante, et éclairante aussi, de ce qu’est la survie quand nos possibilités physiques sont de plus en plus réduites. Même si sa situation et ses réactions sont extrêmement particulières, Winnie donne à ses efforts pour continuer une dimension qui devient emblématique de la condition humaine en général confrontée au vieillissement. Comme Winnie, nous aurons tous à vivre la perte progressive de notre mobilité, de notre mémoire, de nos liens, de notre maîtrise.

 

Dans notre spectacle, Winnie parle en anglais (avec un accent irlandais, comme Beckett lui-même), et elle parle à son mari Willie en français. C’est comme si elle se déplaçait à l’intérieur de l’extraordinaire singularité verbale et gestuelle qu’impose Beckett, pour atteindre une couche de conscience plus profonde, antérieure au langage — même si elle n’a que les mots pour repousser l’inévitable. “Words fail, there are times when even they fail” — “Les mots vous lâchent, il est des moment où même eux vous lâchent”, dit-elle. Dans les deux langues, pour nous tous. Et pourtant, Beckett nous offre une langue si précise, si inextricablement liée au corps de celle qui parle, que nous pouvons affronter l’inévitable avec une étrange sorte de plaisir, en Anglais et en Français.