La loi du marché, avec Vincent Lindon, sort a San Francisco

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La Loi du Marché, le dernier film avec Vincent Lindon, réalisé par Stéphane Brizé, sort à San Francisco. Comme d'habitude, il va falloir se dépêcher si vous voulez le voir sur un grand écran.

 

Vincent Lindon a eu une année 2015 bien occupée avec 2 films majeurs, La Loi du Marché et Les Chevaliers Blancs, ce dernier était d'ailleurs présenté à San Francisco lors du dernier San Francisco International Film Festival.

 

 

Pour La Loi du Marché (ici, intitulé de façon très pertinente, The Measure of a Man), Vincent Lindon a été consacré à plusieurs reprises, notamment à Cannes au printemps 2015 où il a reçu le prix d'interprétation masculine, et ensuite aux Césars en février 2016, où il a reçu la récompense de meilleur acteur.

 

The Measure of a Man... c'est exactement cela, la mesure d'un homme confronté à un monde sans pitié.

 

L'histoire en bref...

Thierry Taugourdeau, la cinquantaine, enchaîne les formations sans avenir et les rendez-vous à Pôle Emploi depuis qu'il a été licencié, comme beaucoup de ses collègues, par une société qui faisait pourtant des bénéfices. Entre les traites de l'achat de la maison familiale et les frais de scolarité élevés de leur fils handicapé, Thierry et son épouse ne s'en sortent plus financièrement. Pris à la gorge, Thierry accepte un poste de vigile dans un supermarché. Il se retrouve contraint de surveiller les clients, de les traquer. Cet emploi le confronte quotidiennement à des situations difficiles, qu'il a de plus en plus de mal à supporter et à accepter...

 

 

 

Si notre avis vous intéresse, le voici...

 

... des gens normaux qui d'une vie déjà en galère, sombrent dans une vie en sens interdit.

 

Nous sommes allés voir le film sans nous poser de questions, sans rien lire au préalable. Résultat : comme une douleur, une gêne, une honte. Honte du spectacle, celui de la Tragédie de l'ordinaire, comme le qualifie Telerama.

 

Honte de constater le poids de la misère ordinaire, la misère urbaine, des gens normaux qui d'une vie déjà en galère, sombrent dans une vie en sens interdit. Honte de voir cette banquière proposer un crédit plus élevé l'air de rien, en grande normalité, le ton laconique de ce type des Ressources Humaines demandant, comme une évidence, si il sera ok pour accepter un travail avec un moindre salaire, cette surveillante de Supermarché choper la caissière  qui a passé sa carte de fidélité parce que la cliente n'en avait pas...

 

Alors oui, il y a eu quelques critiques mitigées, que c'était une caricature, que Vincent Lindon en faisait trop avec sa tête de chien battu, que les scènes n'étaient pas crédibles.

 

Mais c'est comme un documentaire, une sorte d'observatoire intraitable d'un monde sans pitié...

 

Ce film a un parti-pris, celui d'être un quasi-documentaire, une sorte d'observatoire intraitable d'un monde sans pitié. Et pour pouvoir mettre en exergue cette galère sourde, la mise en scène répétitive avec les face à face dans cette pièce blafarde est bouleversante.

 

Alors, non, ce n'est pas une comédie, mais ça, on le savait déjà. Stéphane Brizé met en scène ces compromis foireux que de nombreuses personnes se retrouvent obligés de faire pour survivre un peu. Et les compromis sont partout aussi bien pour la caissière prise en flagrant déli de coupons de réduction non jetés, comme pour cette pauvre banquière qui propose un crédit à un homme déjà en galère, comme pour en rajouter, mais pour tenir ses objectifs.

 

Vincent Lindon est au bord de l'explosion, en permanence, avec quelques tentatives de révolte, de dignité, d'humanité. Il est le seul acteur professionnel du casting, ce qui donne une empreinte toute partculière. Il est entouré d'acteurs amateurs qui, pour certains, incarnent leur propre rôle dans la vie.

 

Vincent Lindon porte complètement le film. Le but n'est pas de rendre cette histoire crédible. C'est une histoire vraie, une accumulation d'histoires vraies, absurdes, histoires d'aliénations et de brimades, histoires de gens normaux qui se retrouvent dans des impasses, des pièges à l'humanité.

 

Alors, pour cela, pour la prise de conscience, pour l'envie de faire autrement, pour encourager les bienveillances, pour tout cela, le film en vaut la peine.

 

 

LA LOI DU MARCHÉ

Film de Stéphane Brizé

Avec Vincent Lindon

Sortie le 3 juin 2016

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